Hépatite A

14 mai 2026

L’essentiel

  • L’hépatite A est une inflammation du foie dont l’évolution peut être bénigne ou grave.
  • Le virus de l’hépatite A (VHA) se transmet par ingestion d’eau ou d’aliments contaminés ou par contact direct avec une personne infectée.
  • Presque toutes les personnes qui contractent l’hépatite A en guérissent complètement, et sont ensuite immunisées à vie. Néanmoins, une très faible proportion des sujets infectés par le VHA peut décéder des suites d’une hépatite fulminante.
  • Le risque d’infection par le VHA est lié au manque d’eau potable et au manque d’assainissement et d’hygiène (mains infectées et sales, par exemple).
  • Il existe un vaccin sûr et efficace pour prévenir l’hépatite A.

Vue d’ensemble

L’hépatite A est une inflammation du foie provoquée par le virus de l’hépatite A (VHA). Le principal mode de propagation de ce virus est l’ingestion par une personne non infectée (et non vaccinée) d’eau ou d’aliments contaminés par les matières fécales d’un sujet infecté. La maladie est étroitement associée à l’eau et à la nourriture insalubres, à des conditions d’assainissement insatisfaisantes, à une mauvaise hygiène personnelle et à des relations sexuelles oro-anales.

À la différence des hépatites B et C, l’hépatite A n’entraîne pas de maladie hépatique chronique, mais elle peut provoquer des symptômes plus ou moins sévères ou, dans de rares cas, une hépatite fulminante (insuffisance hépatique aiguë), laquelle s’avère souvent mortelle. On estime qu’en 2023, 35 569 personnes sont décédées d’une hépatite A dans le monde, ce qui représente 2,6 % de la mortalité due aux hépatites virales (1).

L’hépatite A sévit sous forme sporadique ou épidémique dans le monde, une tendance à des récurrences cycliques étant observée. Les épidémies résultant de la consommation d’eau ou d’aliments contaminés peuvent se manifester de façon explosive, comme dans le cas de l’épidémie survenue à Shanghai en 1988, qui a touché environ 300 000 personnes (2). Elles peuvent aussi perdurer pendant des mois dans des communautés en raison d’une transmission interhumaine. Le VHA persiste dans l’environnement et peut résister aux procédés de transformation des aliments habituellement utilisés pour inactiver ou éliminer les bactéries pathogènes.

Répartition géographique

Les zones de répartition géographique peuvent être caractérisées par leur taux d’infection : faible, moyen ou élevé. Cependant, infection ne signifie pas nécessairement maladie, puisque les enfants en bas âge infectés par le virus ne manifestent aucun symptôme notable.

Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire où les conditions sanitaires et les pratiques en matière d’hygiène sont insatisfaisantes, l’infection est courante et la plupart des enfants (90 %) sont infectés par le VHA avant l’âge de 10 ans, le plus souvent sans présenter de symptômes (3). Dans les pays à revenu élevé où les conditions sanitaires et d’hygiène sont bonnes, les taux d’infection sont bas. La maladie peut survenir chez des adolescentes, des adolescents et des adultes appartenant à des groupes à haut risque, comme les usagères et les usagers de drogues injectables, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les voyageuses et les voyageurs se rendant dans des zones de forte endémicité et les membres de populations isolées (communautés religieuses fermées, par exemple). Aux États-Unis d’Amérique, des flambées de grande ampleur ont été signalées parmi les sans-abri.

Transmission

Le virus de l’hépatite A se transmet principalement par voie oro-fécale, c’est-à-dire en cas d’ingestion par une personne non infectée d’eau ou d’aliments contaminés par les matières fécales d’un sujet infecté. Dans le cadre familial, cette transmission peut se produire lorsqu’un sujet infecté fait la cuisine sans s’être lavé les mains. Les flambées à transmission hydrique, bien que rares, sont en général associées à l’utilisation d’eaux usées contaminées ou d’eau insuffisamment traitée.

Le virus peut également se transmettre par contact physique étroit avec une personne infectée (par exemple, lors de rapports sexuels oro-anaux), mais il ne se propage pas à l’occasion des contacts ordinaires entre personnes.

Symptômes

La période d’incubation de l’hépatite A est généralement de 14 à 28 jours.

Les symptômes de l’hépatite A peuvent être bénins ou graves : les personnes peuvent présenter, selon les cas, de la fièvre, une sensation de malaise, une perte d’appétit, une diarrhée, des nausées, une gêne abdominale, des urines foncées et un ictère (coloration jaune des yeux et de la peau). Toutes les personnes infectées ne présentent pas l’ensemble de ces symptômes en même temps.

Les signes et les symptômes de la maladie apparaissent plus souvent chez l’adulte que chez l’enfant. La maladie est plus grave et plus souvent mortelle dans les tranches d’âge supérieures. Les enfants de moins de six ans infectés ne présentent habituellement aucun symptôme notable et seuls 10 % d’entre eux ont un ictère. L’hépatite A récidive parfois, ce qui signifie que la personne qui vient de se rétablir présente un nouvel épisode aigu, qui aboutira néanmoins à une guérison.

Quelles sont les personnes à risque ?

Toute personne n’ayant jamais été vaccinée ou infectée peut contracter le VHA. Dans les zones de forte endémicité (où le virus est répandu), la plupart des cas surviennent au cours de la petite enfance. Les facteurs de risque sont les suivants :

  • assainissement insuffisant ;
  • manque d’eau potable ;
  • cohabitation avec une personne infectée ;
  • relations sexuelles avec une personne atteinte d’une hépatite A aiguë ;
  • consommation de drogues à usage récréatif ;
  • relations sexuelles entre hommes ; et
  • déplacements de personnes non immunisées dans des zones de forte endémicité.

Diagnostic

L’examen clinique ne permet pas de distinguer l’hépatite A des autres hépatites virales aiguës. Le diagnostic spécifique de l’hépatite A repose sur la détection dans le sang des anticorps IgM dirigés spécifiquement contre le VHA. On peut aussi avoir recours à des tests de type RT-PCR, reposant sur une réaction de polymérisation en chaîne, couplée à une transcription inverse, pour déceler l’ARN du VHA, ce qui nécessite parfois des laboratoires spécialisés. La PCR permet de détecter précocement la présence d’une infection à VHA, avant même la production d’anticorps (IgM anti-VHA). Elle est particulièrement utile pour diagnostiquer l’hépatite A aux premiers stades. La PCR aide également à surveiller l’évolution de l’infection et sa résolution.

Traitement

Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique de l’hépatite A. La prise en charge de l’hépatite A repose sur des soins de soutien pour soulager les symptômes et assurer une hydratation et une nutrition suffisantes. Il faut parfois attendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, pour que les symptômes disparaissent. Il est important d’éviter toute médication inutile susceptible d’être nocive pour le foie, comme le paracétamol (acétaminophène).

En l’absence de forme grave de la maladie ou d’insuffisance hépatique aiguë, l’hospitalisation n’est pas nécessaire. Le traitement vise à préserver le confort du sujet et un équilibre nutritionnel adéquat, notamment en compensant les pertes liquidiennes dues aux vomissements et aux diarrhées.

Prévention

L’amélioration de l’assainissement, la sécurité sanitaire des aliments, les pratiques sexuelles à moindre risque et la vaccination sont les moyens les plus efficaces de lutter contre l’hépatite A.

Les moyens suivants permettent de réduire la propagation du virus :

  • un approvisionnement suffisant en eau potable ;
  • l’élimination des eaux usées de manière adaptée dans les communautés ; et
  • l’application de pratiques d’hygiène personnelle, notamment le lavage régulier des mains avant les repas et après le passage aux toilettes ;
  • les pratiques sexuelles à moindre risque – notamment le port de préservatifs et de digues dentaires et les bonnes pratiques d’hygiène.

Plusieurs vaccins injectables inactivés contre l’hépatite A sont disponibles sur le marché international. Ils confèrent tous une protection similaire contre le virus et ont des effets secondaires comparables. Aucun vaccin n’est homologué pour les enfants de moins d’un an. En Chine, il existe aussi un vaccin à virus vivant atténué.

Action de l’OMS

La détection et la vérification rapides des situations d’urgence sanitaire sont essentielles pour sauver des vies. Le système mondial de surveillance de l’OMS permet de détecter les menaces pour la santé publique tous les jours, 24 heures sur 24. Des flambées d’hépatite A sont régulièrement notifiées à l’OMS, qui mène une action coordonnée à ses trois niveaux pour soutenir les États Membres si nécessaire.

Les stratégies mondiales du secteur de la santé contre, respectivement, le VIH, l’hépatite virale et les infections sexuellement transmissibles pour la période 2022-2030 guident le secteur de la santé dans la mise en œuvre d’actions stratégiques ciblées pour atteindre les objectifs consistant à mettre fin au sida, aux hépatites virales (en particulier les hépatites B et C chroniques) et aux infections sexuellement transmissibles d’ici à 2030.

Ces stratégies recommandent des mesures communes et des actions nationales ciblant des maladies particulières, appuyées elles-mêmes par l’action de l’OMS et de ses partenaires. Elles tiennent compte des évolutions épidémiologiques, technologiques et tendancielles des années précédentes, favorisent l’apprentissage pour l’ensemble des maladies concernées et ouvrent des possibilités de tirer parti des innovations et de produire de nouvelles connaissances en vue de combattre efficacement ces maladies. Elles appellent par ailleurs à intensifier la prévention, le dépistage et le traitement de l’hépatite virale en mettant l’accent sur les populations et les communautés les plus touchées et à risque pour chaque maladie, en veillant à combler les lacunes et à combattre les inégalités. Elles favorisent les synergies dans le cadre de la couverture sanitaire universelle et des soins de santé primaires et contribuent à la réalisation des objectifs de développement durable à l’horizon 2030.

L’OMS organise les campagnes annuelles de la Journée mondiale contre l’hépatite, célébrée le 28 juillet, afin de mieux faire connaître et comprendre cette maladie.

 

 Références bibliographiques

  1. Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME). GBD Results (GBD 2023): Acute hepatitis A – deaths, YLLs, DALYs, 2023 [site Web]. IHME, Université de Washington, 2025 (https://vizhub.healthdata.org/gbd-results/).
  2. Cooksley WG. What did we learn from the Shanghai hepatitis A epidemic? J Viral Hepat. 2000;7 Suppl 1:1-3 (https://doi.org/10.1046/j.1365-2893.2000.00021.x).
  3. Franco E, Meleleo C, Serino L, Sorbara D, Zaratti L. Hepatitis A: Epidemiology and prevention in developing countries. World J Hepatol. 2012;4(3):68-73 (https://doi.org/10.4254/wjh.v4.i3.68).