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Réchauffement climatique : la menace grandissante des incendies hors de contrôle. Comment les pays au climat traditionnellement plus frais et plus humide peuvent-ils se préparer ?

2 septembre 2026
Communiqué de presse
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La plupart des incendies qui font rage en Europe sont causés, intentionnellement ou non, par l’activité humaine. Cependant, la propagation, la vitesse et l’intensité de ces incendies sont fortement influencées par le réchauffement et l’assèchement liés au changement climatique, ainsi que par l’évolution de l’occupation des sols. 

Selon le Système européen d’information sur les feux de forêt, plus de 600 000 hectares de terres ont été ravagés par les flammes dans les pays de l’Union européenne au cours des 8 premiers mois de l’année 2026. Ce chiffre est inférieur à la superficie enregistrée à la même date en 2025 (la pire année jamais enregistrée), mais il dépasse de loin la moyenne sur 20 ans, qui s’élève à quelque 280 000 hectares.

Si la plupart des feux ont été de vastes embrasements dans des pays traditionnellement vulnérables aux incendies, tels que l’Espagne et la France, les conditions de sécheresse extrême exposent de nombreuses régions d’Europe occidentale et centrale – dont les îles britanniques et le sud de la Scandinavie – à un risque accru.

Dans un avenir proche, les risques d’incendie pourraient être accentués par la progression d’El Niño, un phénomène climatique naturel récurrent, qui pourrait augmenter l’impact sur les températures et les précipitations et accroître la probabilité de perturbations climatiques extrêmes. 

Des incendies dans les forêts calédoniennes d’Écosse

Alors que de nombreux pays confrontés depuis longtemps à des incendies ravageurs connaissent aujourd’hui des embrasements plus fréquents et plus étendus, sur des périodes plus longues, d’autres pays situés dans des régions traditionnellement plus fraîches ou plus humides se préparent également à faire face à plus d’incendies. 

Le 15 juillet 2026, un feu s’est déclaré dans les montagnes des Cairngorms, en Écosse. Cette région a déjà connu des incendies par le passé, mais en raison des conditions de sécheresse exceptionnelles de cette année, les flammes ont pénétré dans la couche de tourbe desséchée, provoquant des foyers d’incendie et des reprises de feu qui ont résisté aux efforts menés pour contenir le brasier.

Plus de 500 pompiers sont intervenus sur les lieux des incendies, avec un soutien aérien pour éteindre les embrasements et des bulldozers mobilisés pour creuser des pare-feux. Neuf jours après le début de l’incendie, alors que des vents violents poussaient des flammes imprévisibles vers le village de Nethy Bridge, la police écossaise a déclaré qu’il s’agissait d’une catastrophe majeure, et une grande partie des 600 habitants a été évacuée.

James MacEwan habite dans le village :

« Les jours sans pluie qui se sont succédé ont suscité beaucoup d’inquiétude à Nethy Bridge. Nous avons eu beaucoup de chance que le vent continue à souffler de l’ouest et pousse le feu vers les collines. Sinon, nos biens, voire nos vies, auraient pu être grandement menacés. Le revers de cette situation, c’est que l’incendie s’est déplacé vers un terrain assez inaccessible, ce qui l’a rendu extrêmement difficile à circonscrire. »

Il s’est écoulé plus d’un mois entre le moment où l’incendie s’est déclaré et celui où le Service écossais des pompiers et des secours a officiellement levé l’état d’alerte pour les combattants du feu.

Se préparer pour l’avenir

Le docteur Will Hayes est chercheur spécialisé dans les incendies en milieu naturel au Leverhulme Centre for Wildfires, Environment and Society (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord).

« On constate une inquiétude croissante concernant les incendies au-delà de la zone méditerranéenne, notamment dans les régions montagneuses de la côte atlantique de l’Écosse et de l’Irlande, ainsi que dans certaines parties de l’Europe septentrionale et centrale. Ces régions ne se transforment pas en paysages méditerranéens, mais des zones traditionnellement plus humides et plus fraîches connaissent désormais plus fréquemment des périodes où la végétation suffisamment sèche pour brûler est plus abondante, et où les incendies peuvent se propager », explique-t-il. 

« Il ne faut pas croire que les zones vertes ou humides sont à l’abri des incendies », poursuit-il. « Pendant les périodes sèches, chaudes et venteuses, la végétation peut devenir très inflammable, même dans les régions de montagne et du nord. Évitez les feux de camp, les barbecues et toute source d’inflammation imprudente lorsque les conditions météorologiques présentent un risque élevé, respectez les alertes incendie locales et n’oubliez pas que les petits feux peuvent se propager rapidement lorsque les conditions d’embrasement s’y prêtent. »

Évaluer les risques pour la santé publique au niveau national

La préparation aux grands incendies est également importante au niveau national, dit le docteur Hayes. « La prévention des feux ne relève pas uniquement des services de lutte contre les incendies. Elle dépend aussi de la manière dont les espaces naturels sont gérés avant qu’ils ne brûlent. Le risque d’incendie doit être considéré comme l’un des aspects à prendre en considération dans l’aménagement du territoire, l’adaptation au changement climatique et la santé publique, et non pas simplement comme un problème relevant des interventions d’urgence », affirme-t-il.

La méthodologie STAR (Strategic Toolkit for Assessing Risks, ou boîte à outils stratégique pour l’évaluation des risques) de l’OMS permet aux autorités de santé publique de collaborer avec d’autres secteurs afin d’évaluer rapidement, de manière stratégique et en se fondant sur des données probantes, les risques pour la santé publique, en adoptant une approche multisectorielle couvrant tous les types de risques, y compris ceux liés aux canicules et aux incendies. Des analyses de risques telles que la méthode STAR constituent l’une des pierres angulaires du Règlement sanitaire international (RSI) (2005) et du Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe 2015-2030. Depuis 2018, l’OMS a organisé 38 ateliers nationaux pour l’analyse stratégique des risques dans la Région européenne de l’OMS.

Certains pays, comme Chypre et l’Irlande, ont récemment mené à bien leurs tout premiers ateliers consacrés à l’évaluation stratégique nationale des risques, qui ont réuni des experts du ministère de la Santé et d’autres secteurs. Lors de ces ateliers, consacrés aux risques de toute nature, la méthodologie STAR a été utilisée pour répertorier et hiérarchiser les risques sanitaires impérieux, parmi lesquels figuraient les vagues de chaleur et les incendies ravageurs. Cela a permis de jeter les bases d’investissements plus judicieux et plus stratégiques en matière de préparation et de capacité d’intervention face aux situations d’urgence.

« Les vagues de chaleur extrême et les incendies ne constituent plus seulement des situations d’urgence environnementale : ce sont désormais des menaces croissantes pour la santé publique, qui affectent directement la santé des individus, tout autant que les systèmes de santé », déclare Tanja Schmidt, responsable du programme Préparation et capacités pour le RSI au sein de la division Sécurité sanitaire de l’OMS/Europe. « Dans toute la Région, les pays ont de plus en plus souvent recours à des analyses nationales des risques de toute nature pour comprendre les risques liés au climat, établir les effets en cascade et hiérarchiser les mesures de préparation. Finalement, cela contribue à protéger les communautés, en accordant la priorité aux plus vulnérables et en veillant à ce que les systèmes de santé soient prêts à intervenir. »